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Le Président de la République du Tchad, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, est sorti de son silence après l’annonce faite le 25 mai dernier par deux principaux syndicats des magistrats tchadiens de porter plainte contre le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, Ali Ahmat Akhabach. Les magistrats reprochent au membre du gouvernement des propos jugés offensants à l’égard du corps judiciaire.

Dans une publication sur sa page Facebook officielle, le Chef de l’État a rappelé les principes fondamentaux de la démocratie et de la liberté d’expression. Selon lui, « dans une démocratie, la liberté d’expression s’exerce sans exclusion, qu’on soit citoyen ou responsable public, dans le respect des textes en vigueur ». Il a également estimé que le refus de la critique par certains magistrats pourrait fragiliser les bases du contrat social.

Le Président de la République a par ailleurs mis en avant les réformes engagées sous son mandat pour renforcer l’indépendance de la justice. « C’est d’ailleurs pour cette raison que je me suis investi afin que le président de la République ne préside plus le Conseil supérieur de la magistrature, dans le but de garantir l’effectivité de la séparation des pouvoirs », a-t-il déclaré.

Dans son message, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno a également pris la défense de son ministre de la Sécurité publique, affirmant que ce dernier « n’a ni critiqué la justice, ni tous les magistrats ». Il a reconnu la légitimité du syndicalisme dans un système démocratique, tout en mettant en garde contre les dérives pouvant conduire à soutenir des comportements contraires aux valeurs d’éthique et de justice.

Cette prise de position présidentielle intervient dans un contexte de tensions croissantes entre certains membres du gouvernement et les organisations syndicales des magistrats. Reste désormais à savoir si, après cette intervention du Chef de l’État, les syndicats maintiendront leur plainte ou décideront finalement de la retirer. Cette affaire continue de susciter de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique et relance le débat sur les rapports entre l’exécutif et le pouvoir judiciaire au Tchad

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