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Les travaux du Sommet Africa Forward se sont officiellement ouverts ce mardi au Centre International de Conférence Kenyatta (KICC) à Nairobi, au Kenya, en présence de 35 chefs d’État et de gouvernement africains, dont le Président de la République du Tchad, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno.

Après une première journée consacrée à la jeunesse et à l’entrepreneuriat, le sommet est entré dans sa phase politique avec l’ouverture solennelle du segment des chefs d’État. Les dirigeants africains se sont réunis autour du Président kényan William Ruto et de son homologue français Emmanuel Macron pour réfléchir aux grands enjeux du développement du continent.



William Ruto plaide pour une Afrique autonome et innovante

Dans son discours d’ouverture, le Président kényan William Ruto a appelé les pays africains à accélérer leur transformation économique à travers des investissements massifs dans les infrastructures de transport, la logistique, la connectivité numérique et la transition énergétique.

Le chef de l’État kényan a également insisté sur le développement des compétences des jeunes, qu’il considère comme un levier essentiel pour stimuler la créativité, l’innovation, l’entrepreneuriat et la transformation portée par l’intelligence artificielle.

Selon lui, l’Afrique doit désormais aborder avec « honnêteté et détermination » la question du financement de son développement afin de sortir durablement de la dépendance économique et de l’endettement excessif.

William Ruto a rappelé que le continent dispose d’importants atouts, notamment des ressources naturelles abondantes, un fort potentiel en énergies renouvelables, un marché en pleine croissance ainsi qu’une jeunesse dynamique capable de porter l’essor économique africain.

Emmanuel Macron prône une nouvelle relation avec l’Afrique

Prenant la parole à son tour, le Président français Emmanuel Macron a reconnu la nécessité de rompre avec les anciennes approches des relations entre la France et l’Afrique.
Il a déclaré que, par le passé, les dirigeants français venaient souvent « dire aux Africains ce qui était bon pour eux », une méthode qu’il estime désormais dépassée.
Pour le président français, les grands défis mondiaux qu’il s’agisse de la paix, du climat, des technologies ou encore de la prospérité économique  ne pourront être relevés sans l’Afrique. Il a ainsi plaidé pour une réforme ambitieuse de la gouvernance internationale afin de bâtir un multilatéralisme « plus juste, plus représentatif et plus efficace ».

Antonio Guterres dénonce les inégalités financières

Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé la communauté internationale à davantage d’équité envers l’Afrique.

Il a dénoncé les conditions financières imposées au continent, soulignant que les coûts d’emprunt supportés par les pays africains demeurent largement supérieurs à ceux appliqués dans d’autres régions du monde.

Selon lui, malgré l’immense richesse de ses ressources naturelles, l’Afrique ne bénéficie pas suffisamment des retombées économiques générées par celles-ci.

L’Union africaine met l’accent sur la paix et la jeunesse

Le Président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a pour sa part insisté sur l’importance de la paix et de la stabilité comme conditions indispensables au développement du continent.

Il a averti que les conflits persistants dans certaines régions africaines risquent de freiner les investissements et les efforts de transformation économique.

Le responsable de l’Union africaine a également souligné que le soutien à la jeunesse et le renforcement du secteur énergétique constituent des priorités majeures pour améliorer la compétitivité des économies africaines.

Il a rappelé que la dette du continent dépasse aujourd’hui 698 milliards de dollars, un poids qui limite considérablement les capacités d’investissement des États africains.



Des discussions à huis clos entre dirigeants

À l’issue des différentes allocutions, les chefs d’État et de gouvernement ont posé pour la photo de famille avant de poursuivre les échanges lors de séances à huis clos.
Les discussions devraient porter notamment sur les mécanismes de financement du développement, l’intégration économique africaine, les infrastructures stratégiques, la transition énergétique ainsi que les nouvelles opportunités offertes par l’économie numérique et l’intelligence artificielle.
Le Sommet Africa Forward ambitionne de poser les bases d’une nouvelle dynamique de coopération et de transformation pour une Afrique plus souveraine, compétitive et résiliente.

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