Une délégation du ministère de la Santé publique et de la Prévention du Tchad, conduite par la Secrétaire d’État à la Santé publique et à la Prévention, Dr Mbaïdedji Dekandji Francine, participe du 27 au 29 avril 2026 à Nairobi, au Kenya, aux réunions parallèles de haut niveau organisées par le Centre africain de prévention et de contrôle des maladies (Africa CDC), en marge de la réunion régionale du Sommet mondial de la santé.
La délégation tchadienne comprend également le Dr Gouara Ouatché, coordonnateur adjoint du Bureau d’appui, conseil et suivi du secrétariat général du ministère. Ces rencontres réunissent des chefs d’État, des ministres, des décideurs politiques ainsi que plusieurs partenaires stratégiques du secteur de la santé.
L’objectif principal de ces assises est de promouvoir un dialogue politique de haut niveau afin d’accélérer la mise en œuvre de solutions africaines en matière de sécurité sanitaire, de financement durable de la santé et de renforcement des systèmes de santé résilients et souverains.
Au cours des différentes sessions, les participants ont examiné plusieurs thématiques majeures, notamment la réforme de l’architecture mondiale de la santé portée par le Comité ministériel africain de haut niveau (AHLMC), les stratégies multisectorielles de lutte contre les maladies non transmissibles, ainsi que les réformes du financement de la santé en Afrique. Le lancement officiel de la Stratégie continentale de vaccination d’Africa CDC a également marqué un temps fort de ces rencontres.
La délégation tchadienne a pris part activement à l’ensemble des travaux. Intervenant lors de plusieurs séances, Dr Mbaïdedji Dekandji Francine a porté la voix du Tchad en mettant en avant les enjeux liés à la souveraineté sanitaire du continent africain.
Lors de la session inaugurale consacrée à la réforme de l’architecture mondiale de la santé, tenue le 27 avril après l’ouverture officielle du Sommet régional, la Secrétaire d’État a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de parler d’une seule voix face aux défis sanitaires mondiaux.
Selon elle, les leçons tirées de la pandémie de Covid-19 démontrent l’importance pour les pays africains de renforcer leur autonomie en matière de production de vaccins et de médicaments, tout en obtenant une représentation plus équitable dans les instances internationales de gouvernance sanitaire.
Le 28 avril, lors du lancement officiel de la Stratégie continentale de vaccination, le Tchad a été honoré de figurer parmi les panélistes de haut niveau invités à partager leurs expériences et perspectives dans le domaine de la vaccination.

Prenant la parole, Dr Mbaïdedji Dekandji Francine a rappelé que le Tchad reste confronté à des défis sanitaires majeurs, notamment la récurrence des maladies évitables par la vaccination, aggravée par les crises humanitaires et les effets des changements climatiques.
Elle a particulièrement évoqué la situation à l’Est du Tchad, où l’afflux massif de réfugiés soudanais fuyant la guerre au Soudan nécessite une vigilance sanitaire accrue afin de prévenir l’importation de maladies à potentiel épidémique.
La responsable tchadienne a toutefois souligné les progrès historiques réalisés par le pays en matière de vaccination, rappelant que le Tchad a été certifié exempt de poliovirus sauvage en juin 2016. Elle a néanmoins reconnu la persistance de certains défis, notamment la menace des poliovirus circulants dérivés de souches vaccinales de type 2 et 3.
Elle a réaffirmé l’engagement du gouvernement tchadien à maintenir ce statut à travers la poursuite des campagnes de vaccination de masse, le renforcement de la résilience du système de santé et la mise en œuvre de stratégies adaptées, notamment la Stratégie nationale de vaccination 2026-2030.
Enfin, Dr Mbaïdedji Dekandji Francine a indiqué que, face à la réduction progressive des financements extérieurs de la santé, le Tchad entend explorer de nouveaux mécanismes de financement domestique, incluant des financements innovants et une plus grande implication du secteur privé, afin de garantir la mise en œuvre efficace de sa politique nationale de vaccination et de progresser vers la couverture sanitaire universelle.

