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 Le Syndicat des Magistrats du Tchad et le Syndicat autonome des Magistrats du Tchad ont déposé, ce lundi 25 mai 2026, une plainte auprès du Procureur général près la Cour d’Appel de N’Djamena contre le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, Ali Ahmad Akhabach.

Cette plainte fait suite aux déclarations du ministre tenues le 24 mai dernier lors d’une réunion avec les responsables de son département ministériel. Au cours de cette rencontre, consacrée notamment aux questions liées aux plans cadastraux et aux décisions administratives, le ministre aurait affirmé que certains plans cadastraux devaient être considérés « au détriment des ordonnances » rendues par la justice, qualifiant au passage certaines décisions judiciaires d’ordonnances venant « d’un corrompu de la justice ».

Selon plusieurs extraits relayés sur les réseaux sociaux, le ministre aurait également déclaré qu’il fallait privilégier « les lois de la République contre les ordonnances ».

Des propos jugés graves par les organisations syndicales des magistrats, qui estiment qu’ils portent atteinte à l’honneur et à l’indépendance du pouvoir judiciaire. Dans leur plainte, les deux syndicats considèrent que ces déclarations constituent une violation des articles 142, 144 et suivants du Code pénal tchadien.

Les magistrats reprochent au ministre des faits de « discrédit public sur des actes judiciaires et juridictionnels », « outrage et diffamation envers un corps constitué » ainsi qu’un « empiètement sur le bon fonctionnement de la justice ».

Dans leur correspondance adressée au Procureur général, les deux organisations demandent l’ouverture de poursuites judiciaires appropriées afin de préserver « la dignité, l’indépendance et l’autorité de la justice ».

« De ces faits, les deux bureaux sollicitent respectueusement de votre haute autorité l’ouverture de poursuites judiciaires appropriées et toutes suites de droit qu’il vous plaira de réserver à la présente plainte, afin de préserver la dignité, l’indépendance et l’autorité de la justice », indiquent les syndicats, en se référant également aux articles 527 et 528 du Code de procédure pénale.

Cette affaire intervient dans un contexte marqué par des débats récurrents sur les rapports entre les institutions judiciaires et exécutives au Tchad. Aucune réaction officielle du ministre Ali Ahmad Akhabach n’avait encore été enregistrée au moment de la publication de cet article.

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