Le gouvernement tchadien est monté au créneau pour répondre aux accusations portées par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) contre l’armée tchadienne dans la région du Lac Tchad. Au cours d’un point de presse tenu à N’Djamena, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Gassim Chérif Mahamat, a dénoncé des accusations qu’il juge « graves » et destinées à « discréditer l’armée tchadienne ».
Le HCR avait exprimé ses inquiétudes après une opération militaire menée par l’armée tchadienne dans la zone du Lac Tchad, affirmant que des pêcheurs nigérians auraient été tuées lors de frappes aériennes. Cette région frontalière entre le Tchad, le Niger et le Nigeria reste l’un des principaux foyers d’insécurité en Afrique centrale, régulièrement ciblé par les attaques du groupe terroriste Boko Haram.
Le 4 mai dernier, des éléments de Boko Haram avaient lancé une attaque contre des positions de l’armée tchadienne dans cette région, causant la mort de plus de vingt soldats tchadiens. En réponse, les forces armées tchadiennes avaient déclenché, le 10 mai, une riposte militaire de grande ampleur visant les bases des groupes terroristes.
Face aux critiques du HCR, Gassim Chérif Mahamat a tenu à rappeler le professionnalisme des forces de défense tchadiennes, qu’il présente comme « une armée d’avant-garde dans la lutte contre le terrorisme ». Selon lui, aucune preuve tangible ne permet, à ce stade, d’étayer les accusations formulées contre l’armée de l’air tchadienne. « Ce sont des accusations assez graves qui visent à discréditer notre armée », a déclaré le porte-parole du gouvernement, insistant sur le rôle central du Tchad dans la lutte régionale contre le terrorisme.
Dans un souci de transparence, le gouvernement tchadien affirme être disposé à ouvrir des investigations afin de faire toute la lumière sur cette affaire. Le ministre a souligné que le Tchad dispose d’ « une justice indépendante capable de mener des enquêtes en toute transparence ».
Le gouvernement invite également le HCR ainsi que les organisations internationales concernées à se rendre sur le terrain pour constater les faits et déterminer s’il y a eu, ou non, des bavures lors des opérations militaires.
Enfin, Gassim Chérif Mahamat a dénoncé des accusations qui, selon lui, portent atteinte à l’image des forces armées tchadiennes, alors même que le pays paie « un lourd tribut » dans la lutte contre Boko Haram, tant sur le plan humain que sécuritaire. « Le Tchad paie le plus lourd à travers sa population et son armée », a-t-il conclu.

