Le Gouvernement tchadien et les partenaires humanitaires ont franchi une nouvelle étape dans la réforme de la coordination de l’action humanitaire au Tchad. Un Mémorandum conjoint a été signé, mercredi 2 septembre 2026, à N’Djamena, avec pour ambition de renforcer le leadership national, d’améliorer l’efficacité de la réponse humanitaire et de mieux adapter les interventions aux réalités des territoires et aux besoins des populations.
Le document a été signé par la ministre de l’Action Sociale, de la Solidarité et des Affaires Humanitaires, Zara Mahamat Issa, et le Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire des Nations Unies au Tchad, Dr François Batalingaya. La cérémonie s’est déroulée en présence de Tomte Djimasra Eric, Secrétaire général de la Coordination des ONG nationales, ainsi que de membres du Gouvernement, de représentants des institutions nationales et internationales, d’ambassadeurs, d’autorités administratives, de partenaires techniques et financiers et d’organisations humanitaires.

Une réforme dictée par l’urgence et la complexité des crises
La réforme intervient dans un contexte humanitaire particulièrement complexe. Le Tchad fait face à la multiplication et à la prolongation de plusieurs crises, notamment les conséquences de la guerre au Soudan, les déplacements de populations dans la région du Lac, les inondations, les effets du changement climatique, l’insécurité alimentaire et des vulnérabilités structurelles persistantes.
Dans ce contexte, les autorités tchadiennes souhaitent renforcer leur rôle dans la conduite et la coordination de l’action humanitaire. Le ministère de l’Action Sociale, de la Solidarité et des Affaires Humanitaires est appelé à jouer un rôle central dans cette nouvelle architecture.
L’objectif affiché est de construire un système de coordination plus cohérent, plus efficace et davantage décentralisé, tout en l’alignant davantage sur les priorités nationales. La réforme doit également rapprocher la prise de décision des territoires et des communautés directement touchées par les crises.
Vers une architecture unifiée de la coordination
L’un des principaux axes de la réforme concerne l’unification progressive des mécanismes de coordination humanitaire et de coordination en faveur des réfugiés. Cette évolution doit permettre de renforcer les synergies entre les différents acteurs et d’améliorer la complémentarité des interventions.
Pour le Coordonnateur résident et humanitaire des Nations Unies au Tchad, Dr François Batalingaya, la signature du Mémorandum ouvre une nouvelle phase de l’action humanitaire dans le pays. Elle devrait contribuer à consolider le leadership national, à accroître l’efficacité de la réponse et à renforcer la résilience des communautés.
Le responsable onusien a également insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre le Gouvernement, les Nations Unies, les organisations non gouvernementales et l’ensemble des partenaires humanitaires afin de mieux répondre aux besoins des populations affectées.
De l’urgence aux solutions durables
Au-delà de la réponse immédiate aux crises, la réforme entend favoriser une meilleure articulation entre l’action humanitaire, les interventions de développement et la recherche de solutions durables.
Cette approche devrait notamment accorder une attention accrue au renforcement des services publics, des infrastructures, des moyens de subsistance et de la cohésion sociale. L’enjeu est de dépasser progressivement une logique centrée uniquement sur l’urgence pour favoriser des réponses capables de produire des résultats durables.
Les réfugiés, les personnes déplacées et les communautés hôtes sont placés au cœur de cette nouvelle dynamique. La réforme ambitionne de mieux prendre en compte leurs besoins et les spécificités des différents territoires dans la planification et la mise en œuvre des interventions.
Une mise en œuvre prévue à partir de janvier 2027
La mise en œuvre de la réforme doit débuter en janvier 2027. Une période de transition de 12 à 24 mois est prévue, en fonction des spécificités des différents secteurs.
Cette phase doit permettre de préserver les acquis du système actuel, de renforcer les capacités des acteurs nationaux et territoriaux et d’assurer un transfert progressif et durable des responsabilités.
Pour les autorités tchadiennes, la réussite de cette transformation dépendra toutefois de l’engagement collectif de l’ensemble des parties prenantes : Gouvernement, Nations Unies, ONG nationales et internationales, partenaires techniques et financiers ainsi que autorités territoriales.

Le pari d’un leadership national renforcé
À travers cette réforme, le Tchad entend poser les bases d’un modèle de coordination humanitaire davantage conduit au niveau national, tout en bénéficiant de l’appui de la solidarité internationale.
La nouvelle architecture devrait ainsi favoriser une action humanitaire plus proche des territoires, mieux coordonnée et davantage orientée vers des solutions durables. La réforme marque, en définitive, la volonté de faire évoluer le dispositif humanitaire pour mieux répondre aux crises actuelles et renforcer durablement la résilience des populations et des communautés d’accueil.

