Alger a abrité, ce lundi 20 avril 2026, l’ouverture des travaux de la première session du Conseil des hommes d’affaires algéro-tchadiens, marquant une étape significative dans le renforcement des relations économiques entre l’Algérie et le Tchad. Cette rencontre de haut niveau traduit la volonté commune des deux pays de dynamiser leurs échanges commerciaux et d’explorer de nouvelles perspectives de partenariat.
Prenant la parole à cette occasion, le ministre algérien du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamal Rezig, a souligné que la tenue de ce conseil constitue un jalon important dans la consolidation de la coopération bilatérale. Il a insisté sur l’importance stratégique accordée par l’Algérie à son ouverture économique vers le continent africain, désignant le Tchad comme un partenaire clé dans cette dynamique.
Cette orientation se matérialise notamment par les efforts visant à renforcer les liaisons aériennes entre Alger et N’Djamena, ainsi que par l’avancement du projet de la Transsaharienne Alger-Lagos. Cette infrastructure majeure devrait faciliter la circulation des biens et des personnes, tout en stimulant les échanges commerciaux intra-africains.
De son côté, Mahamat Saleh Abdeldjelil, Conseiller spécial du Président de la République du Tchad et co-président du Conseil d’affaires tchado-algérien, s’est félicité de la tenue de cette session, organisée sept mois après la visite du chef de l’État tchadien en Algérie. Il a mis en avant le potentiel économique considérable du Tchad, qualifié de « terre d’opportunités ».
Il a notamment évoqué les vastes ressources agricoles du pays, avec 39 millions d’hectares de terres arables dont moins de 10 % sont exploités, ainsi que d’importantes réserves en eau douce. Le Tchad dispose également d’un cheptel estimé à 150 millions de têtes, le plaçant parmi les leaders africains, bien que le secteur de transformation reste encore peu développé.
Sur le plan minier, les perspectives sont tout aussi prometteuses. De l’or au Tibesti à l’uranium confirmé dans plusieurs régions, en passant par le fer, la bauxite, le tungstène ou encore les terres rares, le sous-sol tchadien regorge de richesses encore largement inexploitées. « Plus de 80 % de notre potentiel minier est vierge », a-t-il souligné, appelant les investisseurs à saisir ces opportunités.
Dans un appel direct aux opérateurs économiques algériens, Mahamat Saleh Abdeldjelil a mis en avant la complémentarité entre les deux pays : « Vous avez l’industrie, l’expertise et les financements. Nous avons les ressources naturelles, la terre, l’eau et une jeunesse dynamique ». Il a également rappelé l’engagement du gouvernement tchadien à travers le Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », doté d’un programme d’investissement de 3 000 milliards de FCFA sur cinq ans.
Cette première session du Conseil des hommes d’affaires algéro-tchadiens apparaît ainsi comme un cadre privilégié pour jeter les bases d’un partenariat durable, fondé sur des intérêts mutuels et une vision commune de développement économique à l’échelle du continent africain.

