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La deuxième journée de la 2ᵉ édition du forum YouthConnekt Sahel s’est tenue ce mardi dans un grand hôtel de la capitale tchadienne, en présence de nombreuses personnalités politiques, d’experts, de délégués internationaux et de jeunes venus des quatre coins du Sahel. Un panel de haut niveau, modéré par Brahim Bechir Mourtallah, juriste et haut cadre de l’administration publique tchadienne, a marqué les temps forts de la journée.

Placée sous le thème « Leadership et engagement : la jeunesse sahélienne face à sa responsabilité », cette table ronde a permis à plusieurs intervenants de partager leurs visions et recommandations sur le rôle de la jeunesse dans le développement de la région sahélienne.

La jeunesse : une force vive à canaliser

Pour Abdoul Fad Fofana, ministre délégué togolais en charge de la Jeunesse et des Sports, la jeunesse ne se résume pas à une tranche d’âge. « Être jeune, c’est un état d’esprit », a-t-il affirmé, soulignant les qualités qui définissent cette catégorie de la population : vigueur, ambition, créativité. Il a également mis en garde contre la vulnérabilité des jeunes en période d’instabilité, rappelant que ce sont eux qui paient le plus lourd tribut lors des crises.

Abordant la question de l’emploi, il a été clair : « L’État ne peut pas créer des emplois pour tous. » Il a encouragé les jeunes à s’orienter vers l’entrepreneuriat, tout en rappelant que le secteur privé génère 70 % des emplois sur le continent.

Le Sahel, une notion à redéfinir

Dr. Cheikh Tidiane Gadio, ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, a apporté une perspective géopolitique au débat. Il a estimé que la notion de « Sahel » est souvent mal définie, regrettant qu’elle soit limitée à cinq pays (Burkina Faso, Mali, Niger, Tchad et Mauritanie). « Le Sahel commence à Dakar et va jusqu’à Djibouti », a-t-il insisté, plaidant pour une vision plus large et plus inclusive.

Dr. Gadio a également lancé un appel à l’unité africaine, exhortant les pays membres de l’Alliance du Sahel à réintégrer la dynamique ouest-africaine. Selon lui, le continent dispose d’un atout majeur : sa jeunesse. « Alors que le monde vieillit, l’Afrique reste jeune », a-t-il rappelé, appelant à une plus grande implication des jeunes dans les sphères décisionnelles.

Une jeunesse conquérante, actrice du changement

Gassim Chérif Mahamat, ministre tchadien de la Communication et porte-parole du gouvernement, a exhorté les jeunes à ne pas attendre qu’on leur fasse une place. « Il faut l’arracher ! », a-t-il lancé, insistant sur la nécessité pour les jeunes d’être proactifs dans la vie politique et civique.

Dans la même veine, Ba Bacar, vice-président de l’Union panafricaine de la jeunesse, a insisté sur le patriotisme et l’engagement des jeunes. Il a partagé son propre parcours : après avoir travaillé en Europe, il a choisi de retourner en Mauritanie pour se mettre au service de son pays. Un message fort destiné à inciter les jeunes à croire en leur potentiel et à investir dans leur terre natale.

Cce panel de haut niveau a rappelé que la jeunesse sahélienne est à la croisée des chemins. Porteuse d’espoir, elle doit aussi faire preuve de responsabilité, de leadership et d’engagement pour bâtir un avenir meilleur dans une région en quête de stabilité et de développement durable.

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