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Le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) a tenu ce mercredi un point de presse au siège du Parti Africain pour la Paix et la Justice Sociale (PAP/JS), situé dans le quartier Habena, dans le 7ᵉ arrondissement de la capitale. Cette déclaration intervient dans un contexte sociopolitique tendu, marqué par la promulgation de la Constitution révisée le 8 Octbore denier par le Président de la Républiqu, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno.

Par la voix de Max Kemkoye, le GCAP a vivement dénoncé ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du pouvoir en place, affirmant que « la vérité elle-même est un crime » dans le Tchad actuel. Le groupe accuse les services de sécurité de surveiller en permanence ses activités, allant jusqu’à infiltrer massivement les simples conférences de presse, souvent avec plus d’agents que de journalistes présents.

Une dénonciation de la nouvelle Constitution

Selon les membres du GCAP, la récente révision constitutionnelle constitue une véritable régression démocratique. Le nouveau texte, affirment-ils, brise l’équilibre entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Max Kemkoye souligne que les présidents de l’Assemblée nationale, du Sénat, du Conseil constitutionnel et de la Cour suprême seraient désormais tous des proches du chef de l’État, lui-même président d’un parti politique, ce qui mettrait en péril l’indépendance des institutions. « Cette constitution supprime tous les acquis démocratiques et ouvre la voie à une dictature institutionnalisée », a déclaré Kemkoye.

Un retrait temporaire de la scène politique

En réaction à ce qu’ils qualifient de « déni abject et outrancier de la démocratie », les partis politiques membres du GCAP ont annoncé leur retrait de la vie politique nationale à compter du 31 octobre 2025. Ils conditionnent leur retour à la reprise des garanties minimales permettant l’exercice libre et légal des droits reconnus à l’opposition. « Nous laissons libre cours à la pensée unique instaurée et contrôlée par l’ANS, la DGRI et les partis politiques devenus des agents de renseignements », a conclu Kemkoye.

Un climat de plus en plus tendu

Ce retrait marque un tournant dans le paysage politique tchadien. Il intervient dans un contexte de forte tension, où de nombreux acteurs de l’opposition dénoncent l’étouffement des libertés publiques et l’instrumentalisation des institutions à des fins de maintien au pouvoir.

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