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 L’Association des Médias en Ligne du Tchad (AMET) a exprimé, dans un communiqué publié vendredi 13 mars 2026, sa « profonde inquiétude » à la suite de la plainte déposée par l’Hôpital de la Renaissance de N’Djamena contre le média en ligne Tribune Échos auprès de la police judiciaire.

Selon l’organisation, ce dossier pourrait être transmis au Procureur de la République le 16 mars prochain au Tribunal de Grande Instance de N’Djamena.

L’affaire fait suite à la convocation, le vendredi 13 mars, de la Directrice de publication du journal en ligne, Zara Tchari, par la police judiciaire. Cette convocation intervient après la publication d’un article de Tribune Échos dénonçant l’indisponibilité d’ambulances stationnées à l’Hôpital de la Renaissance pour l’évacuation d’un malade vers un autre établissement de santé.

D’après l’article incriminé, la demande d’évacuation aurait été refusée par l’hôpital au motif que le directeur général de l’établissement était absent et qu’il était la seule habilité à prendre une telle décision. Malgré plusieurs tentatives pour obtenir des explications supplémentaires auprès des responsables de l’hôpital, la rédaction affirme ne pas avoir obtenu de réponse, ce qui a conduit à la publication de l’article.

Dans son communiqué, l’AMET dénonce ce qu’elle considère comme une atteinte à la liberté d’expression et à la liberté de la presse, garanties par la Constitution du Tchad et par les instruments internationaux ratifiés par le pays. « Cette démarche constitue une atteinte à la liberté de presse, droit fondamental garanti par la Constitution du Tchad et les instruments ratifiés par notre pays. Elle traduit une volonté manifeste de l’Hôpital de la Renaissance d’intimider les médias dans l’objectif de fragiliser l’exercice du journalisme », affirme l’association.

L’organisation rappelle par ailleurs que les litiges liés aux contenus médiatiques relèvent, en premier lieu, de la compétence de la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA), institution chargée de la régulation du secteur des médias au Tchad.

Pour l’AMET, le recours direct à la voie judiciaire pourrait contribuer à instaurer un climat de méfiance entre les médias et les établissements hospitaliers.

L’association réaffirme également son soutien au média concerné et dénonce ce qu’elle qualifie de « judiciarisation abusive ».

En conclusion, l’association appelle les autorités judiciaires à garantir le respect des droits de la défense et à rejeter cette plainte qu’elle estime destinée à instrumentaliser la justice contre les professionnels des médias.

Cette plainte intervient dans un contexte marqué par plusieurs actions judiciaires engagées récemment contre des journalistes et des médias en ligne au Tchad, une situation qui, selon certains observateurs, traduit un climat de plus en plus tendu pour la presse numérique dans le pays.

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