Dans le cadre de ses efforts pour promouvoir la transparence et lutter contre la corruption, l’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC) a présenté ce jeudi un nouvel outil numérique destiné à faciliter l’implication directe des citoyens dans la dénonciation des actes de corruption.
Lors d’un point de presse animé par la Contrôleure Générale Adjointe, Mme Fatime Abdelkerim Soumaila, la nouvelle plateforme web de l’AILC a été dévoilée. Ce site marque une étape importante vers une meilleure communication avec le public, en mettant à disposition un espace sécurisé pour signaler de manière anonyme tout cas de corruption ou de mauvaise gestion.
Les utilisateurs peuvent soumettre des preuves sous divers formats (vidéo, audio, image ou document) et suivre l’évolution de leur dénonciation grâce à un système de suivi intégré, garantissant ainsi transparence et responsabilité. Un numéro vert, le 12 22, accessible depuis le site, permet également de prendre contact directement avec l’AILC.

Des irrégularités graves mises au jour
Dans le même élan, le Directeur Général des Investigations et du Contentieux, M. Ousmane Mamadou Affono, a fait un point sur plusieurs missions d’audit et de vérification menées à travers le pays. Des irrégularités financières majeures ont été constatées, menant à des mesures correctives et à des poursuites judiciaires.
Parmi les cas notables :
À Abéché et Koundjourou, les Trésoriers provincial et départemental ont été sommés de justifier la gestion de plusieurs milliards de francs CFA. Les intéressés ont reconnu les faits et ont commencé à rembourser les montants détournés.
À Baga Sola (Département de Kaya), un Trésorier départemental a été impliqué dans des paiements injustifiés s’élevant à plus de 1,18 milliard F CFA. Ne pouvant produire les documents justificatifs, il voit sa responsabilité personnelle engagée, conformément à la loi.
À la mairie de N’Djamena, un receveur municipal ainsi que deux chefs de service sont mis en cause pour des détournements portant sur plusieurs centaines de millions.
Dans les agences du Bureau National de Fret Terrestre (BNFT), les chefs d’agence de Douala, Ngaoundéré, Faya et Massakori sont poursuivis pour des opérations d’encaissement non justifiées, totalisant plus de 8,8 milliards F CFA. Des procédures sont en cours pour le recouvrement des fonds publics détournés.

Un appel à la mobilisation citoyenne
À travers cette série d’actions et d’innovations, l’AILC réaffirme son engagement ferme à défendre les intérêts de l’État et à combattre la corruption sous toutes ses formes. Elle appelle la population à utiliser activement le site pour accéder à des informations fiables et signaler tout acte suspect.

