Le Cameroun et le Tchad ont franchi un nouveau cap dans leur coopération bilatérale avec la signature, ce mercredi 24 Septembre 2025 à Yaoundé, d’un Accord de partenariat de défense visant à renforcer la sécurité le long de leur frontière commune, longue de 1 094 kilomètres. Cette signature solennelle s’est déroulée en présence de hautes autorités militaires et diplomatiques des deux pays.
Le document a été paraphé, côté camerounais, par Joseph Beti Assomo, ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, et côté tchadien, par le général Issaka Malloua Djamous, ministre des Armées, des Anciens Combattants et Victimes de Guerre.

Une coopération militaire renforcée
L’accord prévoit notamment le partage de renseignements sensibles, la conduite d’opérations conjointes et un renforcement de la coopération militaire dans les domaines de la lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière et la transhumance armée. Il s’inscrit dans la continuité de l’engagement des deux pays au sein de la Force multinationale mixte (FMM) dans la lutte contre Boko Haram.
Dans son allocution, le ministre camerounais de la Défense a salué cet accord comme un aboutissement important : « La signature de cet Accord de partenariat de défense constitue une étape culminante de la visite de travail du ministre Issaka Malloua Djamous. Elle illustre la volonté commune de nos deux pays de toujours faire face ensemble aux défis de paix, de sécurité, de développement et de stabilité. »
Joseph Beti Assomo a également souligné que ce partenariat s’inscrivait dans une dynamique existante depuis plus d’une décennie : « Nos Forces de Défense sont désormais formellement liées par un instrument juridique devant encadrer notre partenariat et renforcer nos liens en matière de défense et de sécurité. »
Un appel à une coordination régionale
De son côté, le ministre tchadien, le général Issaka Malloua Djamous, a insisté sur la nécessité d’une action conjointe face aux menaces communes : « La question de sécurité est au cœur de la volonté de nos chefs d’État afin de garantir la paix et la stabilité pour le développement de nos pays. Aujourd’hui, nous faisons face à des défis sécuritaires communs qui nécessitent une action coordonnée. »
Il a également lancé un appel à l’élargissement de ce partenariat à d’autres États de la région, notamment à la République centrafricaine : « Il serait avantageux d’explorer, avec la République centrafricaine, la possibilité d’une force tripartite dans la zone des trois frontières afin de trouver des solutions adaptées aux défis sécuritaires. »

Une coopération qui dépasse le cadre militaire
Au-delà de la réponse aux menaces immédiates, l’accord signé à Yaoundé comporte également un volet de formation militaire. Le Cameroun accueille déjà chaque année des stagiaires tchadiens dans ses écoles militaires et entend intensifier ces échanges.
Ce rapprochement militaire intervient quelques mois après l’inauguration du pont Yagoua–Bongor, reliant les deux pays, autre symbole fort d’une coopération bilatérale en constante évolution.
Avec cet accord, le Cameroun et le Tchad envoient un signal fort de leur détermination à faire front commun face aux menaces sécuritaires régionales et à approfondir leurs liens historiques dans une logique de stabilité et de développement partagé.

