À l’instar des autres pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Tchad a commémoré ce lundi 28 juillet la Journée mondiale de lutte contre l’hépatite. Placée sous le thème « Hépatite : faisons tomber les barrières », la cérémonie officielle s’est tenue dans la cour du ministère de la Santé publique et de la Prévention, en présence d’autorités sanitaires, de partenaires techniques et financiers, ainsi que de nombreux cadres et acteurs communautaires.
Présidée par la Secrétaire d’État à la santé publique et à la prévention, Dr Mbaidedji Dekandji Francine, la journée visait à intensifier la sensibilisation autour des hépatites virales, à promouvoir le dépistage précoce et l’accès au traitement, et à renforcer les engagements pour l’élimination de ces maladies d’ici à 2030.

Une prévalence encore préoccupante
Les données de l’étude menée en 2023 sur la prévalence des hépatites B et C chez les personnes vivant avec le VIH au Tchad révèlent des chiffres préoccupants : 9,4 % pour l’hépatite B et 2,3 % pour l’hépatite C. Ces résultats soulignent l’urgence de renforcer les stratégies de prévention et de prise en charge.
Le Dr Djibert Ahmat Haliki, coordonnateur du Programme sectoriel de lutte contre le sida, les hépatites et les infections sexuellement transmissibles, a insisté sur la nécessité d’une approche intégrée. Il a appelé à capitaliser sur les acquis dans la lutte contre le VIH pour mieux répondre aux défis liés aux hépatites, notamment en intégrant les services dans les soins de santé primaires.
L’engagement des partenaires
Prenant la parole au nom de l’OMS, Dr Blanche Anya, représentante résidente, a mis en avant les outils déjà disponibles pour prévenir et traiter les hépatites : vaccins, traitements curatifs, et stratégies de dépistage efficaces. Elle a toutefois souligné que la majorité des cas sont diagnostiqués trop tard, appelant à un engagement national fort, des investissements soutenus et des réformes du système de santé pour une réponse plus efficace.
Elle a également réaffirmé l’engagement de l’OMS en faveur de la stratégie de triple élimination du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B, particulièrement dans le cadre de la santé maternelle et infantile.
Un appel fort à l’action
Dans son discours de lancement officiel, Dr Mbaidedji Dekandji Francine a martelé l’urgence d’« abattre les barrières » : celles de l’ignorance, de l’inaccessibilité aux soins, des contraintes financières et structurelles. Elle a assuré que son département s’engage pleinement à multiplier les initiatives et intensifier les actions en faveur de l’élimination de l’épidémie d’hépatites au Tchad.
La Secrétaire d’État a également lancé un appel à la population, aux médias, et à toutes les couches sociales à se faire dépister et à consulter les centres de santé de base, afin de connaître leur statut sérologique.
Dépistage gratuit et mobilisation sur le terrain
La cérémonie s’est clôturée par une visite du site de dépistage mobile, installé pour l’occasion dans la cour du ministère. Accompagnée de la représentante de l’OMS et de la directrice pays de l’ONUSIDA, la Secrétaire d’État a salué la forte mobilisation des citoyens venus se faire dépister pour le VIH, les hépatites et la syphilis.

À travers cette journée, le gouvernement tchadien réaffirme sa volonté de lutter contre les hépatites virales, avec l’appui de ses partenaires, pour un avenir où ces maladies ne seront plus une menace pour la santé publique.

