Les Guinéens se sont rendus aux urnes ce dimanche 21 septembre 2025 pour se prononcer sur un projet de nouvelle Constitution. Un scrutin crucial qui pourrait marquer un tournant dans la transition politique du pays, amorcée après le coup d’État du 5 septembre 2021 ayant renversé l’ancien président Alpha Condé.
Sur les 14,5 millions d’habitants que compte la Guinée, environ 6,5 millions d’électeurs étaient appelés à voter. Le texte proposé vise à remplacer la Charte de la Transition, en vigueur depuis l’arrivée au pouvoir du général Mamadi Doumbouya, chef de la junte militaire actuellement à la tête du pays.
Des innovations mises en avant par les partisans
Les partisans du « oui » saluent les innovations contenues dans le projet de Constitution. Parmi les mesures phares figurent :
Le droit à l’éducation garanti jusqu’au niveau secondaire ;
La mise en place d’une couverture santé universelle ;
La création d’un Sénat ;
Une décentralisation renforcée, censée contribuer à l’apaisement des tensions ethniques persistantes dans le pays.
Ils estiment également que l’adoption de cette nouvelle loi fondamentale ouvrirait à nouveau les portes des organisations sous-régionales, régionales et internationales, dont la Guinée avait été exclue à la suite du putsch de 2021. Elle permettrait également la tenue d’élections présidentielle, législatives et communales d’ici fin 2025 ou début 2026, marquant ainsi un retour à l’ordre constitutionnel.
Des critiques dénoncent un texte “taillé sur mesure”
Du côté de l’opposition et des Forces vives de Guinée, le ton est tout autre. Ils rejettent le projet qu’ils qualifient de « Constitution sur mesure », soupçonnant le Général Mamadi Doumbouya de vouloir se servir de ce nouveau cadre légal pour se présenter à la prochaine élection présidentielle. En signe de protestation, ils avaient appelé les citoyens au boycott du référendum.
Un scrutin calme, malgré les tensions
Selon les médias internationaux, le vote s’est déroulé dans le calme, sans incidents majeurs signalés, suggérant que l’appel au boycott n’a pas été massivement suivi. Les résultats officiels sont attendus dans les prochains jours.
Un régime présidentiel maintenu, avec des modifications
Le nouveau texte conserve l’essentiel de l’ancien régime présidentiel, mais avec une modification notable : le mandat du président de la République passerait de cinq à sept ans, renouvelable une seule fois.
Ce référendum constitue une étape déterminante pour l’avenir institutionnel et démocratique de la Guinée. Son issue pourrait non seulement redéfinir les équilibres du pouvoir, mais aussi conditionner la réintégration du pays sur la scène diplomatique régionale et internationale.

