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L’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC) a rendu public ce vendredi 19 Septembre, un communiqué portant à l’attention de l’opinion nationale et internationale des faits graves de détournement de fonds publics, qui seraient découverts à l’issue d’une mission de contrôle menée dans la province du Ouaddaï.

Selon l’AILC, une mission de vérification approfondie, couvrant la période 2021 à 2025 et diligentée suite à l’ordre de mission du 10 juillet 2025, a permis de mettre à jour des irrégularités majeures dans la trésorerie provinciale de Ouaddaï. Deux montants particulièrement significatifs ont été identifiés comme manquants : 464 955 300 FCFA et 6 093 781 068 FCFA, dont le détournement est imputé conjointement à Monsieur MAHAMAT MASSAR HOUD et Monsieur OUMAR BOURHAM DAHIE, Receveur-percepteur de la sous-préfecture de Koundjourou.

Les deux mis en cause ont reconnu les faits lors de leur audition, signant des aveux en bonne et due forme. En conséquence, l’AILC a déposé, le 27 août 2025, une plainte pour détournement de fonds publics. Les intéressés ont été entendus dans le cadre d’un procès-verbal régulier avant d’être déférés au parquet d’instance de N’Djamena.

Procédure suspendue sans le consentement de l’AILC

Fait surprenant, l’AILC déclare avoir été tenue à l’écart d’une décision judiciaire cruciale. En effet, suite à un engagement écrit de remboursement émanant de Monsieur MAHAMAT MASSAR HOUD, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de N’Djamena a décidé de mettre en veilleuse la procédure à son encontre, en attendant la restitution intégrale des sommes détournées. L’AILC insiste sur le fait qu’aucun accord transactionnel n’a été conclu entre elle et Monsieur MAHAMAT MASSAR HOUD ou ses représentants.

L’Autorité dénonce également une mauvaise interprétation de cette situation par certains organes de presse, lesquels ont évoqué à tort un accord entre les parties, sur la base de l’acte d’engagement rédigé par le mis en cause et signé par ses conseils ainsi que ses garants.

Nouvel écart découvert et mandat d’amener exécuté

Outre les montants initialement évoqués, la mission de contrôle a également révélé un écart supplémentaire de 419 720 500 FCFA, également imputable à MAHAMAT MASSAR HOUD. Constatant la remise en liberté de ce dernier sans son consentement, l’AILC a saisi le juge d’instruction pour dénoncer les irrégularités de la procédure en tant que partie civile.

Convoqué à plusieurs reprises par la justice, MAHAMAT MASSAR HOUD n’a pas répondu aux convocations. Face à cette attitude de non-coopération, un mandat d’amener a été décerné, ce qui a conduit à son arrestation. Il se trouve actuellement entre les mains de la justice.

L’AILC réaffirme son engagement à lutter fermement contre la corruption et appelle à la rigueur dans la conduite des procédures judiciaires liées aux crimes économiques. Elle insiste sur la transparence, le respect des procédures et le rôle central des institutions dans la consolidation de l’État de droit au Tchad.

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