Une circulaire signée le 28 décembre 2025 par le Premier ministre tchadien, Ambassadeur Allah-Maye Halina, a récemment ravivé le débat sur la gouvernance du secteur culturel. Le document rappelle que toute activité culturelle organisée sur le territoire national devra désormais obtenir l’avis préalable du Ministère du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat. Une décision qui, bien que fondée sur des textes existants, suscite une vive incompréhension au sein du milieu culturel.
Dans sa circulaire, le chef du gouvernement insiste sur le cadre légal en vigueur. Il rappelle notamment le Décret N°303/PCMT/PMT/MCDP/2022 du 23 septembre 2022, adoptant la politique culturelle du Tchad. Selon ce texte, les activités culturelles relèvent de la compétence du ministère en charge du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat, lequel est appelé à les réglementer, les encadrer et à garantir leur cohérence avec les politiques nationales de développement culturel. « Toute initiative culturelle doit impérativement requérir l’avis préalable dudit ministère », précise la circulaire, ajoutant que « l’ensemble des institutions concernées doit se conformer rigoureusement à cette exigence ». En conséquence, aucune manifestation culturelle ne devra être organisée sans l’accord formel du ministère compétent.
Si les autorités justifient cette mesure par la nécessité d’une meilleure coordination et d’un encadrement institutionnel du secteur, de nombreux acteurs culturels expriment leur malaise. Artistes, promoteurs culturels et responsables d’associations estiment que cette exigence risque de freiner la créativité, de ralentir l’organisation des événements et d’alourdir les démarches administratives.
D’autres s’interrogent sur les délais d’obtention des avis et sur la capacité du ministère à traiter efficacement toutes les demandes.
Alors que le Tchad cherche à promouvoir sa diversité culturelle comme levier de cohésion sociale et de développement touristique, cette décision pose une question centrale : comment concilier régulation institutionnelle et liberté de création ? Les prochains échanges entre l’État et les acteurs culturels seront déterminants pour apaiser les tensions et trouver un équilibre acceptable pour tous.

