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La Commission de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) traverse une zone de fortes turbulences financières. Dans une note interne récemment diffusée, le Président de la Commission, Balthazar Engonga, a annoncé la suspension de toutes les réunions administratives et des missions officielles jugées non indispensables.

À l’origine de cette décision : un grave problème de trésorerie qui fragilise le fonctionnement de l’institution communautaire. En cause notamment, la Taxe Communautaire d’Intégration (TCI), principale source de financement de la CEMAC. Cette taxe, prélevée sur les importations extra-communautaires, peine à être reversée régulièrement par les États membres, créant un déficit de liquidités au sein de la Commission.

Face à cette situation, la Commission se voit contrainte d’observer une pause forcée, une décision qui inquiète de nombreux observateurs. Selon plusieurs experts en intégration régionale, cette paralysie partielle pourrait entraîner des retards importants dans la mise en œuvre de projets structurants, notamment dans les domaines des infrastructures régionales, de la libre circulation des personnes et des biens, et plus largement du processus d’intégration sous-région ale.

« Lorsque l’organe exécutif de la CEMAC ralentit, c’est toute la dynamique communautaire qui en pâtit », souligne un analyste basé à Yaoundé. « Les conséquences peuvent être durables si la situation financière n’est pas rapidement rétablie. »

Malgré ces contraintes, la Commission assure que les activités considérées comme « hautement stratégiques » continueront d’être menées. Il s’agit notamment des actions liées à la stabilité macroéconomique, au suivi des réformes communautaires essentielles et aux engagements jugés prioritaires pour la survie de l’espace CEMAC.

Cette crise relance une fois de plus le débat sur la discipline financière des États membres et sur la nécessité de renforcer les mécanismes de financement autonome de l’institution communautaire. À défaut d’un sursaut collectif, préviennent les spécialistes, l’ambition d’une intégration économique effective en Afrique centrale pourrait encore être repoussée.

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