Le Bénin s’est réveillé ce dimanche sous le choc d’une tentative de coup d’État rapidement déjouée par l’armée régulière. Aux premières heures de la matinée, un groupe de militaires a pris d’assaut la télévision nationale, annonçant la destitution du président Patrice Talon et la mise en place d’un « comité militaire pour la refondation ».
Dans un communiqué lu à l’antenne, les putschistes ont justifié leur action par ce qu’ils qualifient de « dérives de gouvernance », évoquant notamment la « privation de certains citoyens de leur droit de choisir leur candidat », le vote de « lois crisogènes », ainsi que « l’incarcération ou l’exil forcé » de certaines figures politiques. Ils ont par ailleurs proclamé la suspension de la Constitution et ordonné la fermeture immédiate des frontières terrestres, aériennes et maritimes.
Une tentative rapidement maîtrisée
Quelques heures plus tard, la situation semblait totalement sous contrôle. Des sources militaires proches du pouvoir ont affirmé que l’opération avait échoué et que les mutins avaient été isolés. « Il s’agit d’un groupuscule de personnes qui n’ont eu accès qu’à la télévision. L’armée régulière reprend le contrôle. La ville et le pays sont totalement sécurisés, le président et sa famille aussi », a indiqué une source citée par l’AFP.
Selon plusieurs témoins à Cotonou, aucune agitation notable n’a été observée dans les rues, et les forces loyalistes ont été déployées autour des points stratégiques de la capitale.
Contexte politique
Patrice Talon, élu une première fois en 2016, a été réélu en 2021 pour un second mandat. Conformément aux dispositions constitutionnelles, il doit quitter le pouvoir en avril prochain, ce qui ouvre la voie à une transition démocratique très attendue.
Ces dernières années, le climat politique béninois a été marqué par des tensions autour des réformes institutionnelles, de la participation de l’opposition et de l’exil ou de l’incarcération de plusieurs figures politiques. Autant d’éléments qui nourrissent le discours de certains groupes contestant la gouvernance en place.
Un retour au calme, mais des questions ouvertes
Au-delà de l’échec rapide du putsch, cet événement soulève de nombreuses questions quant à la stabilité des institutions à l’approche de la fin du mandat du président Talon. Les autorités n’ont pour l’heure pas communiqué sur le sort des mutins ni sur d’éventuelles mesures supplémentaires de sécurité.
La population, elle, reste partagée entre surprise et inquiétude, même si le calme semble revenu dans la capitale.

