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Une vidéo diffusée ce jeudi 18 septembre sur TikTok, rapidement devenue virale, a créé un véritable séisme politique au Cameroun. Brenda Paul Biya, fille unique du président Paul Biya, a publiquement appelé ses compatriotes à ne pas voter pour son père lors de l’élection présidentielle prévue pour le 12 octobre 2025.

S’exprimant depuis la Suisse, où elle réside actuellement, Brenda Biya a critiqué avec virulence le régime de son père, au pouvoir depuis plus de 40 ans. Selon elle, ce pouvoir a « fait souffrir les Camerounais » et serait désormais source de stagnation et de divisions profondes dans le pays. « Moi non plus, je ne voterai pas pour lui », a-t-elle affirmé sans détour, dans un ton calme mais résolu.

Un silence pesant du pouvoir

À ce jour, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté du Palais d’Etoudi ou des proches du président. Ce silence, pour certains analystes, témoigne d’un malaise grandissant au sein même du clan Biya, à quelques semaines d’un scrutin crucial.

À 92 ans, Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, brigue un huitième mandat présidentiel, une décision qui divise profondément l’opinion publique. S’il est réélu, il resterait le dirigeant le plus âgé en exercice dans le monde, un fait qui soulève des interrogations sur sa capacité à gouverner un pays confronté à de nombreux défis, notamment sécuritaires, économiques et sociaux.

Des réactions contrastées

Sur les réseaux sociaux, les réactions à cette sortie inattendue de Brenda Biya sont mitigées. Certains saluent le courage d’une fille qui ose dire la vérité, même au prix d’une rupture avec sa famille. D’autres, en revanche, minimisent ses propos, les qualifiant de caprices d’une enfant gâtée, en conflit avec ses parents, ou en quête de visibilité médiatique.

Un symbole d’un malaise plus profond ?

Quelle que soit l’interprétation qu’on en donne, cette prise de position publique de Brenda Biya révèle un manque de cohésion autour de la candidature de Paul Biya. Dans un contexte où de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer une alternance, cette vidéo pourrait marquer un tournant, tant symbolique que politique, dans l’histoire récente du Cameroun.

Reste à savoir si cette sortie isolée aura un réel impact sur le scrutin du 12 octobre, ou si elle sera reléguée au rang des controverses passagères dans un pays habitué à la résilience politique du président sortant.

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