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 Ce vendredi 6 juin, les musulmans du Tchad, à l’instar de leurs coreligionnaires à travers le monde, célèbreront l’Aïd al-Adha, connue localement sous le nom de Tabaski, une fête marquée par le sacrifice d’un mouton en souvenir du geste d’Ibrahim (Abraham).

À la veille de cette grande fête religieuse, notre rédaction s’est rendue au marché de moutons de Habena, situé dans le 7ème arrondissement de la capitale, N’Djamena. Sur place, l’effervescence habituelle est bien là, mais les acteurs du marché ne cachent pas leur inquiétude face à la faiblesse de la demande cette année.

« Cette année, il y a beaucoup de moutons mais il n’y a pas de clients », se plaint un vendeur, visiblement préoccupé. « L’année dernière, à la même période, il y avait plus de moutons, mais aussi plus de clients. » Cette baisse d’affluence laisse penser à un déséquilibre entre l’offre et la demande.

Un autre vendeur se montre toutefois plus optimiste : « Les prix sont abordables, il y en a pour toutes les bourses. On peut trouver des moutons à 40 000 ou 60 000 francs CFA. » Une déclaration qui semble en contradiction avec les avis des acheteurs.

En effet, du côté des clients, c’est le prix des moutons qui suscite la grogne. Certains estiment qu’il faut débourser jusqu’à 150 000 francs CFA, voire davantage, pour acquérir un mouton de taille moyenne. « Les prix sont exagérés, surtout en cette période de crise », affirme un père de famille. D’autres soulignent que, malgré les difficultés financières, ils comptent tout de même accomplir ce devoir religieux important, quitte à se serrer la ceinture.

Entre perception d’une abondance et constat de cherté, le marché des moutons de Tabaski à N’Djamena révèle cette année les tensions économiques que subissent les ménages tchadiens. La foi reste néanmoins un moteur puissant pour de nombreux fidèles, bien décidés à respecter les rites de cette fête majeure de l’islam.

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