Cinq ans après sa dernière session, la « Réunion du 24 » a repris ses travaux ce lundi au palais Toumaï. Présidée par le Président de la République, Maréchal du Tchad Mahamat Idriss Déby Itno, cette rencontre marque la réactivation d’un cadre permanent de concertation, de coordination et de redevabilité consacré au suivi du secteur de la santé.
Autour de la table étaient réunis le Premier Ministre, le Vice-Premier Ministre chargé de l’Administration du Territoire, le Ministre de la Santé et de la Prévention, les responsables du secteur ainsi que les partenaires techniques et financiers.
Pour cette première session depuis 2021, la vaccination a été placée au cœur des échanges. Le choix du thème traduit la volonté des autorités d’accélérer les progrès réalisés dans la couverture vaccinale, tout en renforçant la prévention des épidémies et la protection des enfants.

Une couverture vaccinale en nette progression
Les résultats présentés au cours de la rencontre témoignent d’une évolution encourageante. La couverture vaccinale est passée de 41 % en 2017 à 71 % en 2025. Malgré cette progression, le niveau actuel demeure inférieur aux objectifs nationaux.
Le Gouvernement vise désormais une couverture de 90 % à l’horizon 2029, avec une attention particulière accordée aux populations vivant dans les zones difficiles d’accès et aux enfants encore insuffisamment couverts par les services de vaccination.
Cette nouvelle ambition implique notamment de renforcer les stratégies de proximité et d’améliorer la disponibilité des ressources nécessaires à la vaccination sur l’ensemble du territoire.
Des financements à sécuriser
Au-delà des performances sanitaires, la question du financement constitue un enjeu majeur. Le Chef de l’État a ainsi donné des instructions au Gouvernement pour procéder à l’apurement des arriérés de 2025 et au règlement des contreparties nationales de 2026 destinées aux partenaires techniques et financiers.
Pour le secteur de la vaccination, l’objectif est également de garantir, dans les prochaines lois de finances, des crédits distincts, prévisibles et sécurisés. Une telle mesure doit permettre d’assurer la continuité des programmes et de réduire les risques liés aux difficultés de financement.
Le défi des ressources humaines
La disponibilité du personnel de santé figure également parmi les priorités évoquées lors de cette « Réunion du 24 ». Le recrutement de 500 paramédicaux, inscrit au Budget de l’État 2026, doit désormais être concrétisé.
Les autorités prévoient par ailleurs l’intégration à la fonction publique de 226 agents arrivant en fin de contrat avec les partenaires. Cette mesure vise à préserver les compétences acquises et à renforcer durablement les effectifs du système sanitaire.
Pour le Gouvernement, l’investissement dans les infrastructures et les programmes de santé ne peut produire pleinement ses effets sans des ressources humaines suffisantes et correctement réparties.

Un nouveau mécanisme de suivi
Avec la réactivation de la « Réunion du 24 », les autorités entendent instaurer un mécanisme régulier de suivi, de coordination et d’évaluation des performances du secteur de la santé.
La vaccination, choisie comme thème de cette session inaugurale, donne ainsi le ton de cette nouvelle dynamique : mieux protéger les enfants, prévenir les épidémies et améliorer durablement les performances du système de santé.
À travers l’objectif de porter la couverture vaccinale à 90 % d’ici 2029, le Tchad affiche ainsi une nouvelle étape de son ambition sanitaire, qui devra désormais se traduire par des financements effectifs, des ressources humaines renforcées et un suivi régulier des engagements pris.

