Le Forum Africain de l’Eau, placé sous le thème « De la vision à l’action », a été officiellement lancé ce mercredi à l’hôtel Radisson Blu de N’Djamena, lors d’une cérémonie présidée par le Président de la République du Tchad, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno. Organisé conjointement par la République du Tchad et le Groupe de la Banque mondiale, ce rendez-vous continental réunit plus de 24 délégations africaines avec l’ambition d’accélérer les engagements en faveur de l’eau et de l’assainissement en Afrique.
La cérémonie d’ouverture a enregistré la participation de plusieurs chefs d’État et de gouvernement, notamment le Président du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema, le Président de la Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le Vice-président du Bénin, Mariam Chabi Talata, représenté par une délégation conduite par Romuald Wadagni, ainsi que le Président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Leur présence témoigne de l’importance stratégique accordée à la problématique de l’eau sur le continent.

Dans son mot de bienvenue, le maire de la ville de N’Djamena, Senoussi Hassan Abdoulaye, a salué la mobilisation des délégations africaines et des partenaires techniques et financiers. Il a rappelé que l’eau constitue une ressource indispensable à la vie et au développement, soulignant que les échanges du forum doivent déboucher sur des solutions concrètes au bénéfice des populations africaines.
Prenant ensuite la parole, le ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin, a indiqué que ce forum traite de la question de l’eau sous ses dimensions économique, financière et humanitaire. Selon lui, le Tchad ne considère pas l’accès à l’eau comme une simple politique sectorielle, mais comme une priorité nationale. Il a souligné qu’une part importante du budget de l’État est désormais consacrée au développement des infrastructures hydrauliques et à l’amélioration de l’accès à l’eau potable.
S’exprimant au nom des partenaires au développement, le vice-président régional de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, a insisté sur le rôle déterminant de l’eau dans la lutte contre la pauvreté et la croissance économique. Il a plaidé pour des investissements massifs dans les infrastructures hydrauliques, estimant que l’eau est au cœur de la sécurité alimentaire, de la création d’emplois, de la santé publique et de la résilience climatique. Il a appelé les États, les institutions financières et les partenaires à renforcer leur coopération afin de transformer les ressources en eau en véritable moteur de développement.
Les présidents du Gabon, de la Mauritanie et de la République démocratique du Congo ont, pour leur part, mis en évidence le paradoxe africain : un continent doté d’immenses ressources hydriques, mais où des millions de personnes demeurent privées d’un accès sécurisé à l’eau potable. Ils ont exprimé l’espoir que ce forum marque un tournant décisif en faveur d’une meilleure gouvernance de l’eau et d’une mobilisation accrue des financements.

Clôturant la cérémonie, le Président Mahamat Idriss Déby Itno a dressé un constat préoccupant de la situation hydrique sur le continent. « Plus de 400 millions de nos compatriotes africains n’ont toujours pas accès à une eau potable. Nos capacités de stockage s’amoindrissent dangereusement, l’irrigation reste à des niveaux dramatiquement insuffisants, et les bouleversements climatiques menacent de réduire le produit intérieur brut de certaines de nos régions de près de 12 % d’ici 2050 », a-t-il déclaré.
Face à ces défis, le chef de l’État tchadien a appelé à une mobilisation de tous les secteurs gouvernementaux et des partenaires internationaux. Il a annoncé que le Pacte pour l’eau du Tchad, qui sera signé au cours des travaux du forum, évalue les besoins de financement du secteur de l’eau à 3,8 milliards de dollars sur les cinq prochaines années, dont 20 % seront assurés par le financement national, soit environ 75 milliards de FCFA.
À travers ce forum, le Tchad entend se positionner comme un acteur majeur de la réflexion et de l’action en faveur de la sécurité hydrique en Afrique. Les travaux devraient déboucher sur des engagements concrets visant à améliorer l’accès à l’eau potable, renforcer les infrastructures hydrauliques et promouvoir une gestion durable des ressources en eau, dans un contexte marqué par les effets du changement climatique et la croissance démographique.

