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Le football tchadien traverse une nouvelle zone de turbulences. Cette fois, la crise oppose la Fédération Tchadienne de Football Association (FTFA) à plusieurs cadres des Sao, l’équipe nationale du Tchad, avec en toile de fond de graves accusations de « trahison à la nation » et la menace d’une bataille judiciaire.

Le 22 juin dernier, à la surprise générale, le sélectionneur national Raoul Savoy a annoncé qu’il ne retiendrait plus cinq joueurs lors des prochains regroupements des Sao. Les joueurs concernés sont le capitaine Marius Mouandilmadji, attaquant de Samsunspor (Turquie), ainsi que Gabin Allambatnan, Amine Hiver, Charles Tchouplaou et Ahmat Moussa Youssouf.

Quelques heures plus tard, le président de la FTFA, Tahir Oley Hassan, est allé encore plus loin en annonçant l’exclusion de ces cinq internationaux de la sélection nationale pour « trahison à la nation ». Selon la fédération, ils auraient incité leurs coéquipiers à ne pas défendre pleinement les couleurs nationales lors de la double confrontation face au Burundi, disputée les 27 et 31 mars 2026, comptant pour le tour préliminaire des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations. Une campagne soldée par deux lourdes défaites et un score cumulé de 8 buts à 0 en faveur des Burundais.

Face à ces accusations, Marius Mouandilmadji est sorti du silence le même 22 juin au cours d’une interview accordée à la page Réseau des citoyens. L’attaquant a catégoriquement rejeté les faits qui lui sont reprochés et a mis au défi la FTFA de produire des preuves des accusations portées contre lui. « Qu’ils apportent les preuves de cette prétendue trahison », a-t-il déclaré, estimant que son honneur et sa réputation ont été gravement atteints.

Le bras de fer a pris une nouvelle dimension le jeudi 25 juin. Dans un communiqué officiel, le joueur de Samsunspor a annoncé avoir fait déposer, par voie d’huissier de justice, une sommation interpellative valant mise en demeure au secrétariat du président de la FTFA. « Aujourd’hui, à 13 h 58, j’ai fait procéder au dépôt d’une sommation interpellative aux fins de mise en demeure afin que le président de la FTFA présente l’ensemble des preuves matérielles ou de toute autre nature dans un délai légal de huit jours », a-t-il écrit.

L’international tchadien prévient qu’à défaut de preuves dans le délai imparti, il engagera des poursuites judiciaires. « À l’issue de ce délai, si aucune preuve n’est fournie, j’engagerai des poursuites pénales devant les juridictions compétentes, saisirai le Tribunal arbitral du sport (TAS) et déposerai une plainte disciplinaire auprès de la commission d’éthique de la FIFA pour diffamation publique et atteinte à mon honneur. L’affaire ne fait que commencer », affirme-t-il.

Cette confrontation publique intervient dans un contexte déjà difficile pour le football tchadien. Entre les difficultés récurrentes d’organisation du championnat national, les ambitions de qualification à une première phase finale de Coupe d’Afrique des Nations et l’émergence de plusieurs joueurs évoluant à l’étranger, cette nouvelle crise risque d’affaiblir davantage l’image du football national.

Au-delà des responsabilités qui devront être établies, cette affaire met en lumière la nécessité d’un dialogue entre les différents acteurs. Les différends entre la fédération et les internationaux gagneraient à être traités dans un cadre institutionnel plutôt que sur la place publique, afin de préserver l’intérêt supérieur du football tchadien.

Les prochains jours seront déterminants, alors que le délai fixé par Marius Mouandilmadji à la FTFA approche de son terme. Une réponse de la fédération ou l’ouverture de procédures judiciaires pourrait marquer une nouvelle étape dans cette crise sans précédent.

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