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La cellule syndicale du Syndicat National du Secteur Pétrolier (PETROSYNAT) a tenu, ce samedi 18 avril, un point de presse à la Bourse du Travail du 3e arrondissement de N’Djamena. Objectif : informer l’opinion nationale et internationale du refus de la direction générale de la Société de Raffinage de N’Djamena d’appliquer la nouvelle grille salariale instaurée dans le secteur pétrolier.

Face aux journalistes et à de nombreux travailleurs mobilisés, le secrétaire général du PETROSYNAT, Moussa Mahamat Abakar, est revenu sur l’origine du différend. Selon lui, en novembre 2024, les ministères en charge du pétrole et de la fonction publique ont engagé une réforme visant à harmoniser les conditions salariales à travers une convention collective de branche. Cette convention prévoyait notamment un délai d’un an accordé aux entreprises pour négocier certains articles avec les représentants des travailleurs, tout en rendant obligatoire la grille salariale annexée.

Cependant, d’après le responsable syndical, la direction de la SRN aurait initialement refusé d’ouvrir les négociations, estimant que les employés étaient déjà suffisamment rémunérés. Ce n’est qu’après des pressions exercées par l’ancienne ministre du Pétrole, Alix Naimbaye, que des discussions ont été engagées, aboutissant à un compromis partiel.

Le syndicat rappelle également qu’en décembre 2025, le ministère du Pétrole a instruit les entreprises du secteur d’appliquer les nouveaux avantages salariaux dès janvier 2026, marquant ainsi la fin des négociations. Malgré cela, la SRN refuserait toujours de se conformer à cette décision.

Pour justifier sa position, la direction de la raffinerie évoque un risque financier, arguant que l’application de la nouvelle grille salariale pourrait absorber une part importante du budget dédié à la maintenance, compromettant ainsi la rentabilité de l’entreprise. Un argument que rejette fermement le PETROSYNAT. Mais ces argue lents ne résistent pas à l’examen des faits », a déclaré Moussa Mahamat Abakar. Il souligne notamment les disparités salariales importantes entre travailleurs expatriés et nationaux. Selon lui, la masse salariale des 216 employés chinois atteindrait environ 1,9 milliard de FCFA par mois, contre 598 millions de FCFA pour plus de 600 employés tchadiens.

Face à cette situation, le PETROSYNAT formule plusieurs revendications : l’application immédiate et sans condition de la grille salariale avec effet rétroactif à janvier 2026, la transparence totale sur la politique salariale de la SRN, et l’engagement de la direction à cesser d’opposer des arguments jugés fallacieux aux droits des travailleurs.

Le syndicat prévient également que des actions pourraient être engagées en cas d’inaction. « Si aucune avancée n’est constatée dans un délai raisonnable, les employés seront dans l’obligation d’utiliser tous les moyens légaux pour se faire entendre et arracher leurs droits », a averti le secrétaire général.

En guise de conclusion, le PETROSYNAT appelle l’ensemble des travailleurs du secteur pétrolier ainsi que l’opinion publique à soutenir leur lutte. La mobilisation observée lors de ce point de presse, marquée par une forte présence d’employés en tenue de travail, témoigne déjà de l’ampleur du mouvement.

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