Au Tchad, une nouvelle génération de jeunes femmes entrepreneures émerge et s’impose progressivement dans un environnement économique encore marqué par de nombreux défis. Parmi ces figures inspirantes, Mangueal Prisca se distingue par son parcours atypique et sa détermination à promouvoir l’entrepreneuriat, notamment chez les jeunes.
Formée comme juriste d’affaires à l’Université de Yaoundé II au Cameroun, avec une spécialisation en gestion et en règlement des conflits au sein des sociétés commerciales, Mangueal Prisca n’imaginait pas au départ embrasser une carrière d’entrepreneure. Son rêve d’enfance était plutôt de devenir avocate. Cependant, une autre passion l’animait parallèlement : le mannequinat.
Durant ses années d’études au Cameroun, elle décide de transformer cette passion en opportunité entrepreneuriale. C’est ainsi qu’en 2020, elle crée Top Agency, une agence de mannequinat et d’hôtesses destinée à accompagner les jeunes passionnés du secteur et à leur offrir un cadre professionnel pour réaliser leurs ambitions.
Après l’obtention de son diplôme et son retour au Tchad, la jeune juriste ne tourne pas le dos à son initiative. Bien au contraire, elle poursuit le développement de son agence et s’emploie à promouvoir les talents locaux dans le domaine du mannequinat et de l’événementiel.
Parallèlement à ses activités entrepreneuriales, Mangueal Prisca occupe également la fonction de présidente du Réseau des Jeunes Entrepreneurs du Tchad (RJET). À travers ce réseau, elle s’engage à former, encadrer et accompagner les jeunes tchadiens dans la création et le développement de leurs entreprises. « Je rêvais d’être avocate, c’était ce que j’avais toujours voulu. Mais en même temps, je voulais être modèle photo. Avec le temps, l’entrepreneuriat est devenu plus qu’une passion pour moi. C’est ma voie. C’est pour cela que j’ai quitté le cabinet et je me plais aujourd’hui dans ce que je fais », confie-t-elle.
Comme de nombreux entrepreneurs dans le pays, Mangueal Prisca doit cependant faire face à plusieurs obstacles. Parmi les principales difficultés figurent l’accès limité au financement, le manque d’accompagnement structuré pour les porteurs de projets, ainsi que les contraintes liées au climat des affaires. À ces défis s’ajoutent également les préjugés socioculturels auxquels les femmes entrepreneures sont confrontées. « Nous rencontrons plusieurs difficultés : l’accès au financement, l’accès à des accompagnements structurés et aux opportunités permettant d’étendre nos entreprises. Et au-delà de cela, il y a aussi les préjugés qui pèsent sur la femme ambitieuse qui veut créer quelque chose de ses propres mains », explique-t-elle.
Malgré ces obstacles, l’entrepreneure se dit portée par une forte détermination, une vision claire et sa capacité à mobiliser les personnes autour de ses projets. Elle souligne également le rôle essentiel de sa famille dans son parcours. « Je le dis toujours : je suis bénie, parce que je suis née dans une famille qui me comprend et qui me soutient dans ce que je fais. Ma famille est ma force », affirme-t-elle.
Convaincue que l’entrepreneuriat peut être un levier d’autonomisation pour les femmes, Mangueal Prisca encourage les jeunes filles à croire en leurs capacités et à oser entreprendre, même avec des moyens limités.
Elle invite également la société, et particulièrement les hommes, à soutenir davantage les femmes ambitieuses. « Quand une femme réussit, ce n’est pas seulement pour elle. C’est pour son mari, pour son foyer, pour ses frères. Bref, c’est aussi pour les hommes. Il faut encourager les femmes qui osent », conclut-elle.
À travers son engagement et ses initiatives, Mangueal Prisca s’inscrit ainsi parmi cette nouvelle génération de femmes tchadiennes qui, malgré les obstacles et les préjugés, contribuent activement à transformer le paysage entrepreneurial du pays.

