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Au Tchad, une nouvelle étape vient d’être franchie dans la promotion des droits fondamentaux et le renforcement de l’État de droit. La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) et l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANATS) ont officiellement signé, ce 20 février 2026, un Protocole d’Accord visant à améliorer l’accès à l’identité juridique pour tous les citoyens.

La cérémonie, présidée par les premiers responsables des deux institutions, a réuni commissaires, hauts cadres et responsables administratifs autour d’un objectif commun : garantir à chaque citoyen une reconnaissance juridique effective.

L’identité, fondement de l’existence juridique

Dans son allocution, le Président de la CNDH a rappelé la portée fondamentale de cet engagement. « L’identité n’est pas un simple document administratif : elle est le fondement même de l’existence juridique de chaque personne », a-t-il affirmé.

S’appuyant sur les principes consacrés par l’Organisation des Nations Unies, notamment à travers la Convention relative aux droits de l’enfant, il a souligné que l’enregistrement des naissances constitue un droit fondamental. L’absence d’identité légale, a-t-il insisté, expose les individus en particulier les enfants  à l’exploitation, à la traite et à diverses formes de discrimination. « Sans reconnaissance officielle, une personne devient invisible. Et lorsqu’un enfant reste invisible, il est exposé à toutes les vulnérabilités », a-t-il déclaré, rappelant que l’identité représente la première porte d’entrée vers l’ensemble des autres droits.

Modernisation et souveraineté

Prenant la parole à son tour, le Directeur Général de l’ANATS a inscrit ce partenariat dans une dynamique de modernisation et de gouvernance renforcée. Selon lui, l’accord signé va « bien au-delà d’une simple coopération administrative » et s’inscrit dans une vision ambitieuse d’un État moderne, organisé et inclusif.

Pour l’ANATS, l’état civil et les titres sécurisés sont des instruments stratégiques. « Ils sont des instruments de souveraineté, de sécurité juridique et de gouvernance », a-t-il rappelé, soulignant que l’identité juridique constitue le socle de la planification des politiques publiques et de la prévention des conflits liés à l’identité.

Une synergie institutionnelle

Les deux responsables ont tenu à préciser qu’il ne s’agit nullement d’un transfert de compétences. L’ANATS demeure compétente pour la gestion et la modernisation de l’état civil et des titres sécurisés, tandis que la CNDH conserve son rôle indépendant de veille, d’analyse et de recommandation en matière de droits humains. « Il ne s’agit pas d’un transfert de compétences, mais d’une véritable synergie institutionnelle », a insisté le Directeur Général de l’ANATS.

Le protocole d’accord prévoit des mécanismes de concertation technique, l’élaboration de feuilles de route opérationnelles ainsi qu’une collaboration progressive adaptée aux réalités du terrain, notamment dans les zones rurales, nomades ou affectées par des crises.

Vers une société plus inclusive

En conclusion, les deux institutions ont réaffirmé leur volonté commune de faire de ce partenariat un instrument concret au service de l’intérêt général. Garantir l’identité juridique, ont-elles souligné, revient à protéger les plus vulnérables, prévenir les exclusions et renforcer la cohésion nationale.

À travers cette coopération, la CNDH et l’ANATS posent ainsi les bases d’une action concertée pour que nul, au Tchad, ne soit privé de reconnaissance juridique condition essentielle à la dignité humaine et à la construction d’une société plus juste et inclusive.  

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