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Le Président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, s’adressera à la Nation ce mercredi 31 décembre 2025 à l’occasion de la fin de l’année. Cette traditionnelle allocution, très attendue par les Tchadiens, sera retransmise en direct à partir de 20 heures sur les antennes de l’Office National des Médias et de l’Audiovisuel (ONAMA) ainsi que sur d’autres canaux de diffusion.

Comme chaque année, cette prise de parole présidentielle suscite de fortes attentes, tant sur le plan social, économique, politique que sécuritaire. Bien qu’aucune information n’ait filtré sur le contenu du discours, l’opinion publique espère des annonces majeures sur les préoccupations qui touchent le quotidien des citoyens.

Des attentes sociales et économiques fortes

Sur le plan social, la question de l’inflation et de la cherté de la vie figure au cœur des préoccupations des ménages tchadiens. La baisse du pouvoir d’achat, combinée au chômage des jeunes, pousse de nombreux citoyens à attendre des mesures concrètes, notamment une éventuelle revalorisation des salaires ou des décisions fortes visant à contenir l’inflation.

La grève illimitée du Syndicat des Médecins Tchadiens (SYMET), qui dure depuis plusieurs mois, devrait également être abordée. Les revendications portant sur le statut particulier du médecin tchadien, les primes et les conditions de travail ont profondément affecté le système de santé national, plongeant de nombreux établissements dans le désarroi.

Par ailleurs, la question du recrutement à la fonction publique et les perspectives d’emploi demeurent une attente majeure, tout comme les explications sur la mise en œuvre du Plan National de Développement “Tchad Connexion 2030”. Présenté à Abou Dhabi les 10 et 11 novembre 2025, ce plan vise à stimuler la croissance économique et à faire du Tchad une économie intermédiaire d’ici 2030. Sa phase actuelle de mise en œuvre et de suivi suscite un fort besoin de clarification.

Le débat autour du code pastoral

Sur le plan agro-pastoral, le code pastoral continue d’alimenter les débats. Rejeté en 2014 par le Conseil constitutionnel, puis révisé et soumis à des ateliers zonaux à travers le pays, ce texte divise l’opinion. Si certains y voient un instrument essentiel pour réduire les conflits entre agriculteurs et éleveurs, d’autres estiment qu’il pourrait aggraver les tensions. Les évêques du Tchad ont même appelé au retrait pur et simple du projet, accentuant la sensibilité du sujet.

Questions politiques et judiciaires sensibles

Sur le plan politique et judiciaire, l’opinion attend une prise de position du Chef de l’État sur les affaires Succès Masra et Idriss Youssouf Boy. Le premier a été condamné à vingt ans de prison pour « diffusion de messages haineux et xénophobie » ainsi que pour « complicité de meurtre » en lien avec les événements de Mandakao, dans le Logone Occidental. Le second a écopé de cinq ans de prison pour corruption. De nombreuses voix appellent à une grâce présidentielle ou à une amnistie, au nom de la réconciliation et de l’unité nationale.

La mise en place du Cadre Permanent du Dialogue Politique constitue également une attente importante pour renforcer la concertation entre les acteurs politiques et consolider la stabilité institutionnelle.

Enjeux sécuritaires et diplomatiques

Enfin, sur le plan sécuritaire, la menace terroriste persistante dans le Sahel et dans la zone du Lac Tchad, ainsi que le conflit au Soudan voisin, devraient figurer dans le discours présidentiel. Le Tchad devrait réaffirmer sa position de neutralité face à la crise soudanaise, tout en évoquant les efforts de paix et de sécurité dans la sous-région.

Un tour d’horizon des conflits internationaux en cours pourrait également être abordé, dans un contexte mondial marqué par de fortes tensions géopolitiques.

Cette adresse à la Nation, au-delà de son caractère traditionnel, s’annonce donc comme un moment clé pour répondre aux nombreuses attentes des Tchadiens à l’aube de la nouvelle année.

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