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La célébration de Noël 2025 à la Présidence de la République du Tchad continue de susciter débats et réactions au sein de l’opinion publique. Le jeudi 25 décembre 2025, le Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a accueilli vingt-quatre enfants orphelins issus de plusieurs orphelinats de la ville de N’Djamena. Une initiative à forte portée symbolique, placée sous le signe du partage, de la solidarité et de l’attention portée à l’enfance, considérée comme l’avenir de la nation.

Au cours de cette journée, diverses activités ont été organisées : une visite guidée des bureaux de la Présidence conduite par le Chef de l’État lui-même, des ateliers de peinture permettant aux enfants d’exprimer leur vécu et leurs émotions, ainsi que la décoration d’un arbre de Noël à l’entrée de la Présidence. Pour beaucoup, ce geste a été perçu comme un message d’humanité et d’inclusion, traduisant la volonté du Président de communier avec tous les enfants tchadiens, sans distinction.

Cependant, cet événement n’a pas fait l’unanimité. Sur les réseaux sociaux notamment, certaines voix se sont élevées pour critiquer l’initiative, estimant qu’un Président de confession musulmane ne devrait pas célébrer une fête chrétienne au sein de la Présidence. Ces critiques ont rapidement ravivé un débat plus large et plus sensible : celui de la laïcité de l’État tchadien et de sa compréhension par les citoyens.

Pourtant, le cadre juridique est sans ambiguïté. L’article 1er de la Constitution du Tchad dispose clairement que : « le Tchad est une République souveraine, indépendante, laïque, sociale, une et indivisible, fondée sur les principes de la démocratie, le règne de la loi et de la justice. Il est affirmé la séparation des religions et de l’État ». La laïcité, loin d’exclure les religions de l’espace public, garantit au contraire leur coexistence pacifique et l’égalité de traitement entre toutes les confessions.

Dans ce contexte, l’initiative du Président de la République peut être comprise non comme une adhésion religieuse, mais comme un acte institutionnel et humanitaire. En tant que Chef de l’État, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno n’agit pas au nom d’une confession, mais au nom de la République. Il est le Président de tous les Tchadiens : chrétiens, musulmans, animistes et non-croyants. Rencontrer des enfants à l’occasion de Noël, comme il pourrait le faire lors d’autres fêtes religieuses ou culturelles, relève de cette responsabilité d’unité nationale.

Au-delà des polémiques, cette séquence révèle surtout la nécessité d’un débat apaisé et pédagogique sur la laïcité au Tchad. La laïcité n’est ni le rejet des religions ni leur instrumentalisation politique ; elle est un cadre de neutralité qui permet le vivre-ensemble dans un pays marqué par une grande diversité religieuse et culturelle.

En définitive, le Noël 2025 à la Présidence pose une question essentielle : voulons-nous d’un État qui ignore les sensibilités de ses citoyens ou d’un État qui les reconnaît toutes dans un esprit d’équité et de cohésion ? À cette interrogation, la Constitution tchadienne semble déjà avoir apporté sa réponse. Reste désormais à la faire comprendre, accepter et vivre au quotidien.

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