Au lendemain du renversement du président Umaro Sissoco Embaló par l’armée, le général Horta N’Tam, jusqu’ici chef d’état-major de l’armée de terre, a été officiellement investi président de la transition pour une durée d’un an. La cérémonie s’est tenue ce jeudi matin dans la capitale, sous haute surveillance militaire.
Un coup d’État en pleine attente des résultats électoraux
Le coup d’État, survenu dans la soirée du mercredi 26 novembre, intervient dans un contexte électoral particulièrement tendu. Les Bissau-Guinéens attendaient toujours la proclamation des résultats des élections présidentielle et législatives du 23 novembre 2025, scrutin marqué par une forte participation mais aussi par des accusations de fraudes et des tensions entre camps politiques.
Selon les militaires, cette intervention a été justifiée par « la nécessité de préserver la stabilité nationale et d’éviter une crise post-électorale majeure ». Aucun bilan officiel n’a pour le moment été communiqué, mais plusieurs témoignages font état de tirs et de mouvements de troupes dans plusieurs quartiers de Bissau dans la nuit de mercredi à jeudi.
Horta N’Tam, nouveau maître du pays
Très respecté au sein des forces armées, le général Horta N’Tam devient ainsi la figure centrale du nouveau pouvoir. Dans son premier discours à la nation, il a annoncé la mise en place d’un Conseil de Transition composé de militaires et de civils, chargé d’élaborer une feuille de route politique et institutionnelle destinée à « remettre le pays sur les rails ».
Il a également confirmé qu’il superviserait personnellement le Haut Commandement militaire, affirmant vouloir « restaurer la sécurité, garantir l’ordre républicain et organiser dans les meilleurs délais des élections crédibles ».
Un an de transition annoncée
La durée de la transition a été officiellement fixée à douze mois, période durant laquelle la Constitution sera « révisée » et des réformes institutionnelles discutées avec les partis politiques et la société civile. Le général N’Tam a assuré que l’armée « ne cherchait pas à confisquer le pouvoir » et qu’elle œuvrerait pour « un retour rapide à l’ordre constitutionnel ».
Une communauté internationale prudente
Les réactions internationales se sont multipliées dans la journée. L’Union africaine, la CEDEAO et l’Union européenne ont exprimé leur préoccupation face à ce changement de pouvoir par la force, tout en appelant au calme et au respect des droits humains. Des réunions d’urgence sont prévues dans les prochaines heures.
À Bissau, la population reste partagée entre inquiétude et attente de clarification. Les marchés fonctionnent au ralenti, et de nombreux habitants demeurent chez eux, craignant de nouveaux affrontements.

