Le colloque international sur les mécanismes de lutte contre les discours de haine, organisé par la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA), se poursuit ce vendredi dans un hôtel de la capitale tchadienne. Cette deuxième journée est placée sous le thème « La prévention des discours de haine dans les médias et les réseaux sociaux ». Lévénement a rassemblé de nombreuses délégations nationales et internationales, ainsi que des personnalités influentes, dont la présidente de la HAMA, Madame Halimé Assadya Ali.
La deuxième journée des travaux a été marquée par des interventions de haut niveau, mettant en lumière les défis juridiques et éducatifs liés à la prolifération des discours haineux au Tchad et au-delà.

C’est le juriste Brahim Rozzi Kellemi qui a ouvert les débats. Dans une intervention remarquée, il a rappelé que la liberté d’expression, de communication et d’association est garantie par la Constitution tchadienne. Cependant, il a souligné de sérieuses lacunes dans le cadre juridique actuel. Selon lui, ces insuffisances tant dans les textes que dans leur application affaiblissent considérablement les capacités des institutions à combattre efficacement les discours de haine, en particulier ceux véhiculés par les médias et les réseaux sociaux.

À sa suite, le Dr Focksia Nathaniel Docksou a mis l’accent sur le rôle central de l’éducation dans la prévention de ces dérives verbales. Pour lui, les fondements des discours haineux sont souvent posés dès l’enfance, dans le cercle familial. Il a cité la guerre civile de 1979 comme un exemple tragique des conséquences d’une éducation fondée sur les préjugés. « Si les parents enseignent à leurs enfants qu’ils sont supérieurs aux autres, ces enfants risquent de perpétuer ces croyances nuisibles à l’âge adulte », a-t-il averti.
Le Dr Docksou a plaidé pour une réforme en profondeur du système éducatif tchadien. Il a appelé à une approche intégrée, visant à déconstruire les stéréotypes et les croyances discriminatoires à tous les niveaux de la cellule familiale jusqu’au milieu académique.
Les travaux du colloque devraient se conclure par des recommandations concrètes, destinées à renforcer les mécanismes de lutte contre les discours de haine, dans un contexte national et international marqué par la montée des tensions verbales sur les plateformes numériques.

