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Le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) a organisé un point de presse ce mardi au siège du parti Les Patriotes, sis au quartier Bololo, dans le 2e arrondissement de N’Djamena. Cette sortie médiatique intervient alors que le processus de révision de la Constitution du 17 décembre 2023 est en cours au Parlement, suscitant de vives réactions au sein de la classe politique.

Dans une déclaration lue par l’un de ses porte-paroles, Max Kemkoye, le GCAP a dressé un tableau sombre de la situation socio-politique actuelle du pays, dénonçant une manœuvre politique visant à pérenniser un pouvoir autoritaire. « Vous comprendrez désormais que la politique de la chaise occupée, martelée et chantée, n’a servi qu’à ça. Aujourd’hui, nous y sommes. Et ce n’est que la première étape d’une longue série de souffrances jamais connues par les Tchadiens », a-t-il lancé, accusant les autorités en place de préparer un glissement dictatorial inédit dans l’histoire du pays.

Illégalité de la procédure ?

Le GCAP conteste fermement la légalité du processus en cours, notamment la compétence des députés à initier une révision constitutionnelle à travers une proposition de loi. « De prime abord, une proposition de loi n’a pas compétence pour légiférer sur un domaine constitutionnel », a rappelé Kemkoye, précisant que seules les lois ordinaires ou organiques relèvent du champ d’action des députés. Selon lui, toute modification de la Constitution devrait faire l’objet d’un processus rigoureux et consensuel, impliquant le peuple souverain.

Des recommandations pour éviter la crise

Face à ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire », le GCAP formule plusieurs recommandations, parmi lesquelles :

Le retrait pur et simple du projet de révision constitutionnelle en cours ;

L’établissement d’un moratoire constitutionnel pour gérer la période de vide juridique ;

La mise en place d’un véritable consensus national devant conduire à la formation d’une Assemblée constituante inclusive, chargée d’élaborer une nouvelle Constitution, soumise à référendum populaire.

Une réforme controversée

Pour rappel, l’Assemblée nationale a entamé le processus de révision constitutionnelle dès l’ouverture de sa deuxième session ordinaire. Une commission spéciale a été mise en place pour proposer des modifications à la Constitution de décembre 2023, jugée restrictive sur certains points, notamment l’article 77 qui empêche le Chef de l’État de diriger un parti politique.

Le lundi 15 septembre 2025, les députés ont adopté à une large majorité le rapport de cette commission. Le texte a été transmis au Sénat, avant la tenue d’un Congrès du Parlement convoqué pour le 17 octobre 2026, en vue de son institution officielle et de l’adoption d’un règlement intérieur. C’est ce Congrès qui devra se prononcer sur la révision constitutionnelle.

Une opposition en alerte

L’opposition, quant à elle, redoute une remise en cause des acquis démocratiques. Elle voit dans cette réforme une tentative de verrouillage du pouvoir au profit de l’actuel Chef de l’État. Pour les membres du GCAP, la vigilance citoyenne est plus que jamais nécessaire.

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