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L’organe en charge des élections au Cameroun (ELECAM) a officiellement clos, dans la nuit du lundi 21 juillet à minuit, la période de dépôt des candidatures pour l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025. En l’espace de huit jours, ce sont 81 dossiers qui ont été enregistrés par l’institution, un record inédit dans l’histoire électorale du pays.

Parmi les figures majeures en lice, le président sortant Paul Biya, âgé de 92 ans, crée une nouvelle onde de choc en sollicitant un septième mandat consécutif. Celui qui est au pouvoir depuis 1982 semble vouloir prolonger son règne de plus de quatre décennies, malgré les nombreuses critiques tant sur le plan national qu’international sur la longévité de son pouvoir.

Face à lui, des visages désormais familiers du paysage politique camerounais : Maurice Kamto, président du Manidem, Joshua Osih pour le Social Democratic Front (SDF), et Cabral Libii, candidat du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN). Tous trois briguent la présidence pour la deuxième fois, espérant que le contexte sociopolitique de 2025 sera plus favorable à une alternance démocratique.

Mais l’actualité électorale a aussi été marquée par une candidature aussi audacieuse que controversée : celle de Daloutou Hamada, un jeune ressortissant de l’Adamaoua, âgé de 31 ans. En l’état actuel de la Constitution camerounaise, l’âge minimum pour se présenter à l’élection présidentielle est de 35 ans, ce qui pourrait compromettre la recevabilité de son dossier. Sa démarche symbolique, néanmoins, attire l’attention sur la volonté d’une frange de la jeunesse de s’impliquer dans la vie politique du pays.

L’engouement autour de cette présidentielle peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Depuis les réformes électorales de 2012, la caution a été drastiquement augmentée à 30 millions de francs CFA, et chaque parti souhaitant présenter un candidat doit justifier d’un élu. Des mesures censées réguler les candidatures mais qui n’ont manifestement pas découragé les prétendants.

Selon plusieurs analystes, cette avalanche de candidatures pourrait refléter une volonté collective de barrer la route à Paul Biya, ou du moins de fragmenter le vote traditionnel qui lui a longtemps été favorable. À l’inverse, certains y voient une stratégie de dispersion orchestrée pour affaiblir l’opposition.

À moins de trois mois du scrutin, le climat politique s’électrise déjà, entre espoirs de renouveau démocratique et crainte d’une nouvelle confiscation du pouvoir. Il reviendra à ELECAM de publier dans les jours à venir la liste officielle des candidatures validées, un moment décisif qui permettra d’y voir plus clair sur les forces réellement en présence.

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