Lors d’un point de presse tenu ce lundi, le Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) est monté au créneau pour condamner fermement les arrêtés ministériels 011 et 012 du 26 juin 2025. Ces arrêtés interdisent les activités de la section politique du mouvement citoyen Wakit Tama – Le Temps, et prononcent la dissolution de deux associations : l’Association des Jeunes pour l’Animation et le Développement Rural (AJADR) et la Coordination Nationale des Jeunes pour la Paix et le Développement au Tchad (CONAJEPDT).
C’est par la voix de son porte-parole, Badono Daigou, également président de l’Union des Ecologies Tchadiens (UET / Les Verts), que le GCAP a exprimé son indignation. Selon lui, les motifs avancés par le gouvernement – notamment l’atteinte à la sécurité de l’État – sont infondés et relèvent d’un abus de pouvoir. « En ce qui concerne le motif d’atteinte à la sécurité de l’État, il faut noter que cela désigne des actes graves comme l’espionnage, le terrorisme, la rébellion, ou la collaboration avec une puissance étrangère pour nuire aux intérêts nationaux. À ce titre, en quoi le Mouvement Citoyen Le Temps et la section politique de Wakit Tama représentent-ils une telle menace ? », S’est-il interrogé devant la presse.

Le GCAP déplore que des revendications légitimes – notamment celles portant sur la sécurité des populations – soient aujourd’hui utilisées comme prétexte pour bâillonner la société civile. « Mesdames et messieurs les journalistes, en quoi demander à un gouvernement d’assurer la sécurité des populations, ce qui est un devoir régalien, devient-il un motif de dissolution ? », a poursuivi le porte-parole du GCAP.
Appel au respect des libertés fondamentales
Dans son allocution, le GCAP a fustigé ce qu’il qualifie de « parodie totalitaire », accusant le régime en place de bafouer les principes de l’État de droit et de la démocratie. « Le pouvoir gagnerait à respecter sa propre Constitution, qui consacre le respect des libertés fondamentales. Il est temps de s’ouvrir au dialogue, de privilégier l’apaisement politique, plutôt que de réprimer les initiatives citoyennes et les organisations de jeunesse », a martelé Badono Daigou.

Le GCAP exige l’annulation pure et simple des arrêtés 011 et 012 qu’il juge « irréguliers et abusifs » et appelle à la mobilisation pacifique de tous les acteurs politiques et de la société civile pour la défense des libertés démocratiques.

