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Ce samedi, le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) a organisé un point de presse au siège du parti Les Patriotes, situé à Bololo dans le 2ᵉ arrondissement de la capitale tchadienne. Au cœur de cette sortie médiatique : les propos jugés choquants et dangereux tenus récemment par le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, Ali Ahmat Akhabache.

Lors d’une déclaration faite en arabe devant la presse, le ministre Akhabache aurait déclaré, en s’adressant à la population :

« Alors, et pour la population, moi je vous dis une chose, il ne faut pas être amis avec eux ou discuter avec ce genre de personnes. Ceux qui font des troubles, il suffit de les tuer seulement. Avez-vous compris ? Celui pour qui on a de la pitié, il faut le mettre en prison et fermer la porte à clé. »

Des propos jugés gravissimes par le GCAP, qui y voit un appel à la violence extrajudiciaire contre les présumés fauteurs de troubles dans certaines provinces du Tchad. Le groupe politique dénonce fermement ce qu’il considère comme une dérive autoritaire intolérable, en contradiction totale avec les principes républicains et les droits humains.

Une déclaration aux accents autoritaires dénoncée par le GCAP

Dans son intervention, le GCAP s’indigne de la teneur et du ton du discours du ministre, qu’il qualifie d’inhumain et contraire à l’éthique républicaine.

« Non, nos militaires, nos gendarmes, nos gardes nomades et nos policiers ne sont pas l’incarnation de la mort aux yeux des civils tchadiens et ne sauraient être davantage de simples outils de la mort sans humanité aux ordres de M. Akhabache qu’on actionne pour tuer. Ils sont là pour défendre le pays et faire appliquer la loi selon les règles établies », a martelé un porte-parole du GCAP, Max Kemkoye.

Appel à la communauté internationale

Face à la gravité des propos tenus par le membre du gouvernement, le GCAP interpelle la communauté internationale, notamment le Barreau du Tchad, la Commission des Nations unies pour les droits de l’homme ainsi que les partenaires internationaux. Le groupe politique estime que « le Tchad n’est plus un État de droit respectueux des droits de l’homme, dans lequel il n’y a plus de justice », accusant ouvertement le gouvernement de dérives autoritaires.

Exigence de démission et poursuites judiciaires

Se basant sur des fondements juridiques, notamment l’article 170 du Code pénal tchadien qui sanctionne les actes arbitraires commis par des agents de l’État, ainsi que les articles 527, 528 et 529 du Code de procédure pénale relatifs aux poursuites contre les membres du gouvernement, le GCAP demande sans ambages la démission immédiate du ministre Ali Ahmat Akhabache.

Il exige également l’ouverture d’une information judiciaire pour faire la lumière sur ces propos, qui pourraient constituer une incitation à la violence et à des violations graves des droits fondamentaux.

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