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Le Parquet d’instance de N’Djamena a annoncé, par voie de presse, l’ouverture de poursuites judiciaires à l’encontre de plusieurs individus, dont deux journalistes bien connus du paysage médiatique tchadien. Monodji Mbaidguim Olivier, rédacteur en chef au Journal Le Pays et correspondant de Radio France Internationale (RFI) au Tchad, ainsi que Mahamat Ali Heseine, journaliste à l’Office National des Médias Audiovisuels (ONAMA), sont accusés, en compagnie de deux autres personnes, de faits graves.

Les charges retenues contre eux sont multiples : « intelligences de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique du Tchad », « complot contre l’Etat » et « complicité », des faits qualifiés et réprimés par les articles 95, 102 et 80 du Code pénal tchadien, selon le communiqué du Parquet.

Une affaire qui divise et inquiète

Les poursuites à l’encontre de ces journalistes et autres suspects interviennent après des investigations menées par les autorités, dont les détails n’ont pas été entièrement rendus publics. Ce lundi 10 mars 2025, les prévenus ont été entendus par le Procureur de la République dans le cadre de cette enquête. Une information judiciaire a également été ouverte pour clarifier les responsabilités de chacun dans cette affaire. Le Parquet précise qu’il s’agit d’un processus judiciaire régulier, et qu’aucun traitement particulier ne sera accordé aux journalistes, qui sont soumis aux mêmes règles que tout autre citoyen.

La liberté de la presse en question

L’arrestation de Monodji Mbaidguim Olivier, survenue le 5 mars dernier, a suscité une vive réaction au sein du paysage médiatique tchadien. De nombreuses voix se sont élevées, dénonçant une atteinte à la liberté de la presse, un droit fondamental pourtant garanti par la constitution tchadienne et par les conventions internationales auxquelles le pays est signataire. Les associations de journalistes et les défenseurs des droits humains s’inquiètent de cette nouvelle escalade de répression contre les professionnels de l’information.

Vers un réexamen des garanties

Le Parquet d’instance de N’Djamena a tenu à rappeler que, comme tout citoyen, les journalistes sont soumis au droit commun.

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